C'est le moment que nous préférons dans les retours de nos clients : l'enfant qui ouvre son livre, se voit sur la première page et s'écrie "c'est moi !". Ces deux mots sont le résultat d'un travail précis, qui commence bien avant le premier coup de crayon, au moment où nous recevons votre photo. Beaucoup d'entre vous nous demandent comment un enfant en chair et en os devient un héros illustré. Visite guidée de l'atelier.
Tout commence par un regard, pas par un calque
La première chose que nous ne faisons pas, c'est décalquer. Une illustration jeunesse n'est pas un portrait photoréaliste, et c'est tant mieux : l'enfant ne veut pas se voir en photo dans son livre, il se voit en photo toute l'année. Il veut se reconnaître dans un personnage de conte, ce qui est très différent. Notre travail consiste donc à identifier ce qui fait que votre enfant est immédiatement lui, puis à traduire ces éléments dans le langage de l'illustration.
Ce "ce qui fait lui" tient généralement à une poignée de signes : la forme et la couleur de la coupe, l'épi rebelle ou la frange bien précise, les lunettes rondes ou rectangulaires, les taches de rousseur, la fossette, le sourire aux deux dents manquantes, et bien sûr la carnation et la couleur des yeux. C'est la raison pour laquelle notre formulaire vous pose des questions si précises sur les cheveux, les yeux et les lunettes : ces réponses guident nos choix autant que la photo, et elles évitent les malentendus qu'une photo mal éclairée peut créer.
Ce principe n'a rien de propre à Dreemax, c'est la base du métier. Un personnage se reconnaît d'abord à sa silhouette et à deux ou trois marqueurs forts, avant même que le visage n'entre en jeu. Nous en avons fait un exercice praticable à la maison dans Dessiner un personnage avec son enfant, sans savoir dessiner.
Une bonne photo vaut trois retouches
Puisqu'on nous demande souvent quelle photo envoyer, voici les conseils de l'atelier. L'idéale est prise de face ou presque, en lumière naturelle, avec le visage bien dégagé : pas de casquette qui écrase la coupe, pas de lunettes de soleil, pas de contre-jour qui fausse la carnation. Le sourire spontané bat le sourire commandé, et si votre enfant a un signe distinctif auquel vous tenez, l'épi, la mèche, les couettes de tous les jours, choisissez une photo où il apparaît. Vous pouvez en joindre plusieurs, et c'est même une bonne idée : deux ou trois angles nous en disent plus qu'un seul portrait parfait.
Un mot sur ce que deviennent ces photos, parce que la question est légitime : elles servent uniquement de référence pour construire le personnage, elles n'apparaissent jamais dans le livre, et elles ne sont pas obligatoires puisqu'une description précise permet d'obtenir un résultat proche. Nous avons répondu en détail à toutes les questions que se posent les parents sur ce point dans Que deviennent les photos de votre enfant après la création du livre. Si le sujet vous intéresse côté produit, notre page dédiée au livre personnalisé d'après photo détaille le fonctionnement.
Le même héros d'une double page à l'autre
Le vrai défi technique de nos livres n'est pas de réussir un beau personnage, c'est de le réussir dix fois. Le livre compte dix doubles pages, texte à gauche et scène principale à droite, et votre enfant apparaît sur la plupart d'entre elles, de face, de profil, en pied, en gros plan, ému, triomphant, endormi. Il doit rester rigoureusement lui-même d'une scène à l'autre, même quand plusieurs pages le séparent de sa dernière apparition.
C'est là que le regard humain fait toute la différence : chaque illustration passe entre les mains de notre équipe, qui vérifie la cohérence du personnage page après page, la coupe qui ne change pas de sens, les lunettes qui ne disparaissent pas, la fossette toujours du même côté. C'est un travail de fourmi, invisible quand il est bien fait, et c'est exactement pour cela qu'on le fait. Le protocole complet, de la fiche de personnage au contrôle final sur l'ensemble des planches, est décrit dans Comment un héros reste le même d'un bout à l'autre du livre.
Le même soin s'applique aux personnages secondaires. Quand vous ajoutez la petite sœur, le meilleur copain ou le chien de la famille, chacun a droit à son passage à l'atelier, avec sa photo et sa description. Le chien surtout : ne croyez pas que nous prenions les compagnons à quatre pattes à la légère, un enfant repère au premier coup d'œil si son chien n'a pas les bonnes oreilles. La façon de les faire entrer dans le récit sans que le héros disparaisse du cadre est expliquée dans notre article sur les personnages secondaires.
L'honnêteté de l'atelier
Un dernier mot, parce que nous préférons le dire nous-mêmes : l'illustration jeunesse est une interprétation, pas une photocopie. Il arrive qu'un détail demande un ajustement, et c'est prévu : si quelque chose ne ressemble pas à votre enfant, vous nous le signalez et nous corrigeons. Cette garantie fait partie du livre au même titre que le papier. Notre fierté n'est pas de livrer vite, elle est d'entendre "c'est moi !".
Si les coulisses vous intéressent, notre article sur comment naît un livre Dreemax raconte le voyage complet, de votre idée jusqu'à la boîte aux lettres, et Fabriqué en France : ce que ça change sur un livre pour enfant détaille la partie fabrication. Et si vous avez la photo qui va bien dans votre téléphone, le reste ne prend que quelques minutes : racontez-nous votre enfant, l'atelier s'occupe de son portrait.